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L ' E S T E R E L , AGAY,  LE  CAP  ROUX,                       ETC.        9

                   séculaires  débris  des             massifs  foudroyés  ou             éboulés,
                   ont  presque         la  dimension          de  ceux  produits            par  la
                   désagrégation  du            Sorapiss       ou  de  l'Antélao;            encore
                   ces  derniers  sont-ils           souvent  gris         comme  les  ruines
                   architecturales.
                       Quant  à  la  parure  des  glaciers              blancs  et  bleus,          si
                   elle  orne      le  front  des  géantes            cimes  de  l'Ampezzo
                   austro-italien,  si         des  lacs  d'émeraudes               en  reflètent
                   l'éclat,  l'Esterel  n'est-il  pas,  pour               sa  part,  enchâssé
                   dans  l'immense  et pur  saphir  méditerranéen?  N'a-t-il
                  point  pour  horizon  les  Alpes                elles-mêmes,  éloignées
                   de  vingt  et  une  lieues  à  peine,  alors  que  le  mont
                   Blanc  est  à  dix-huit  de  Genève?
                      Du  miroitement            éblouissant         dont  le  ciel  presque
                   oriental  de  Provence  fait             étinceler  le  versant  sud  de
                   ce  mont  Roux,  si  bien  dénommé,  les  voyageurs  con-
                  damnés  aux  trains  express  n'ont  qu'une                       vision  fugi-
                  tive.  Et  surtout  ils  ne  soupçonnent  rien  de  la  sauva-
                  gerie  du  revers  opposé





                   ANCIENS  SENTIERS  ET  ROUTES  NOUVELLES



                      Dans  son  article,          déjà  cité,  de  1885,  M.  Bartoli
                  énonce  que  ce  massif  est                 relativement  connu.             Oh !
                  certes,  bien  relativement               :  car,  en  dehors           de  l'as-
                  cension  du  Vinaigre  et             de  la  promenade             côtière      de
                  Théoule  à  Agay  par le             chemin  des  douanes,               on  eût
                  pu dénombrer            sans  peine  les         rares  promeneurs             qui
                  s'étaient  aventurés  dans  l'intérieur  du  massif,                       confus
                  dédale  de  ravins,  très            enchevêtrés         et  sans  voies  de
                  communication.  Alors  c'était  encore  une  pénible  en-
                  treprise  que  de  se  rendre              d'Agay  au  Trayas             par  le
                  col  de  l'Evêque,  le          sommet  du  cap  Roux  et  l'ermi-
                  tage  de  la  Sainte-Baume,  trop                 bien  défendus          contre
                  les  atteintes  des  touristes  par  les               chausse-trapes  de
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