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L ' E S T E R E L ,  AGAY,          LE  CAP  ROUX,               ETC.         5

                rizon  circulaire  de  la  mer  d'Azur  s'y développe  plus
                libre     et  laisse      surgir  plus        fantastique        le  vaporeux
                profil  de  la  Corse!
                   La  description           géographique  du  massif  n'est  plus
                à  faire,  depuis         l'article  Esterel  du  nouveau  Diction-
                naire Joanne  et  surtout  depuis  l'excellente                       brochure
                que  M.  H.  BOLAND  a  publiée  dans  la  collection  des
                Guides Joanne (l'Esterel, in-12,  42 pages,  7  gravures
                et 1 carte;  Paris,  Hachette,  1895, Ofr. 50).  Mais cette
                monographie n'est  déjà plus au  courant  de  la viabilité
                actuelle,  et,  pour         la  partie  limitrophe  du  littoral  (la
                plus  curieuse),          certaines        erreurs      de  détail  et  l'ab-
                sence  de  carte  à  grande échelle l'empêchaient d'offrir
                aux  promeneurs  un  fil  conducteur  aussi                        sûr  qu'il  le
                faut  dans  le présent  état  de  la  localité.  C'est  ce  com-
               plément        d'informations           pratiques,         autant      détaillées
                que  possible         et  limitées        à  la  plus  jolie        région       du
                massif,  que  veut  donner  le  présent  opuscule.






                                LA  COTE              DE  P O R P H Y R E



                   Entre      Saint-Raphaël  et Théoule,  la  voie  ferrée  de
               Toulon  à  Nice  longe  la  rive  orientale  de  l'Esterel                           :
               on  y  a  par  places,           dans  les  trop  courts             intervalles
               des  tunnels et des tranchées,  quelques  aperçus hâtifs
               sur  une  côte  étrange             :  entre  les  criques  d'eau  bleu
               foncé,  au  fond  des             calanques  sablées           de  grains         de
               quartz  scintillants,            s'allongent  d'étroites            langues  de
               terre     rugueuses          et  pourprées,            si  tourmentées            de
               forme et  si  chaudes  de  ton,  que  certains  soleils  cou-
               chants  y  font  errer  l'illusion  de  coulées  volcaniques
               encore       incandescentes  :  illusion  à  peine  trompeuse
               d'ailleurs,       car  c'est  la  force         éruptive  du  plutonisme
               terrestre  qui  poussa jadis  hors  d'une  boutonnière  de
               schistes  roses         et  verts,  à la  lisière         sud  des  blanches
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